Présentation

 
 

Le corps est mouvement et les gestes qu'un corps est capable d'accomplir non seulement le définissent mais le constituent comme entité vivante et visible.


L'oeuvre de JEAN MARC DEMARCQ fait face  à cette contradiction interne et constitutive de la sculpture  : tenter de capturer les diverses facettes du mouvement du corps humain, sa gestuelle instinctive ou dansée, par exemple, dans des poses inévitablement figées mais puissamment évocatrices.


Les statues se présentent comme un voyage  au travers l'humain.


Ce voyage, un parcours à travers les  «apparences» du corps, est en fait un voyage «intérieur». Il vaut à lui seul pour tous les autres voyages, puisqu'il nous  révèle  le secret des points d'articulation entre les membres qui rendent possibles tous les gestes  de l'homme.


L'accomplissement de ce travail serait impossible sans cet autre mouvement, celui qui s'invente au fur et à mesure que les mains de l'artiste font et défont, laissent jaillir la forme ou abandonnent la matière à l'informe.


Si dans  «pulsion», on retrouve un peu de la posture de la «femme égorgé» de Giacometti (bronze, 1932, coll. du Centre Georges-Pompidou),  c'est moins du culte de la mort que son oeuvre nous conduit que du culte de la  pulsion de vie.


L'oeuvre de JEAN MARC DEMARCQ  porte au jour et offre à nos regards les traces et les empreintes de cette mémoire du corps qui nous constituent tous.

Mais il nous montre aussi qu'il faut savoir s'en dessaisir, ajoutant l'oubli au savoir, si l'on veut parvenir à découvrir en nous-mêmes en le révélant aux autres le mystère plein de pudeur de notre intériorité.



Jean Louis POITEVIN


Docteur en philosophie, écrivain et critique d'art

membre de l'Association Internationale des Critiques d'Art (AICA)